La visite de la puéricultrice

Voilà, la puéricultrice est venue à la maison pour évaluer mon logement et ma capacité à accueillir les enfants.
Emotive comme je suis, je n’ai pas dormi la nuit précédant sa visite !
J’avais surtout peur qu’elle me juge face à mes pratiques de maternage. J’avais en effet rencontré une autre puéricultrice (en dehors de mon projet de devenir assistante maternelle), qui avait vu d’un œil très négatif le co-dodo, l’allaitement « long » etc).
Que faire, dans ce cas-là? Mentir? Cacher la vérité? Être franche?…
Est-ce que le fait d’allaiter encore mon fils, ou de faire du co-dodo la nuit, peut me rendre « mauvaise » assistante maternelle?
Je ne pense pas…. mais peut-être qu’une puéricultrice peut le penser !

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Bref, j’étais très stressée en la recevant.
Elle a d’abord évalué mon logement : la propreté et la sécurité étaient parfaites, mais elle l’a trouvé trop petit pour 3 agréments (sachant que mon fils compte pour un agrément, puisqu’il a moins de 3 ans). J’ai été un peu surprise, sachant que mon appartement fait 76m²… mais bon, elle sait ce qu’elle fait ^^ !
Ensuite sont venues toutes ces questions. Deux rendez-vous ont été nécessaires pour en venir à bout 🙂 (en tout, la puéricultrice est restée 6h dans mon appartement)
Voici les types de questions qu’elle m’a posé :
– Si un enfant tombe / a de la fièvre, que faites-vous?
– Quelles activités proposez vous pour un enfant de tel âge?
– A partir de quel âge vous inquiétez-vous si un enfant ne marche pas?
– Comment faites-vous pour favoriser l’autonomie d’un enfant?
– Combien de biberons donnez vous à un enfant de tel âge?
– Quel est le menu de ce midi que vous allez proposer à votre fils? (là, j’ai été cash : j’ai dit que j’étais végétalienne, mais que mon fils picorait de la viande et du fromage dans l’assiette à son papa… cela n’a pas eu l’air de lui poser de soucis ! OUF !!)
– Quels sont les horaires de votre mari? Nos revenus sont-ils confortables?
– Comment faites-vous si un parent s’éternise le soir?
– Comment faites-vous si un enfant fait une bêtise?
– Comment faites-vous si votre fils et un autre enfant pleurent en même temps?
etc. etc.

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Je n’ai pas parlé d’allaitement, ni du co-dodo.
J’ai trouvé que cela pouvait jouer en ma défaveur, même si je suis intimement persuadée que cela n’aura aucune incidence sur ma profession.
J’ai parlé cependant de ma passion pour les approches Montessori et Pikler (qu’elle ne connaissait pas) et j’ai dit que nous pratiquions le langage signé… car je sais que je m’en servirai avec les enfants que je garderai !

Au final, elle m’a dit qu’elle voyait que j’étais passionnée par mon (futur) métier, et que je savais me remettre en question… MAIS (car oui, il y a un mais) que j’étais trop fusionnelle avec Ptiloup, qu’il était trop souvent dans mes bras, et qu’il n’était pas très sociable.

Fusionnelle… Il faut dire que pendant ces 6h d’entretien, Ptiloup jouait à coté de moi, et demandait parfois à venir dans mes bras pour un câlin/me montrer ses jouets/dessiner… Quoi de plus normal?
J’ai été très surprise par ce terme, « fusionnelle ». A 18 mois, un enfant est-il sensé jouer seul toute la journée? Je suis sceptique, mais cela mérite réflexion : quelle définition peut-on donner à « fusion »? A partir de quand cela devient-il problématique? Une fusion n’est-elle pas nécessaire pour l’enfant, dans une certaine limite? Ne confondait-elle pas fusion et lien d’attachement?…

Quant à son coté « asocial« … Là, j’ai été vexée ! Ptiloup adore jouer avec ses copains ! Il se montre cependant un peu timide, notamment avec une personne adulte qu’il ne connait pas.
D’autant plus que la puéricultrice lui a dit, au début de notre première rencontre « Je vais parler à ta maman pendant quelques temps, je te demande de jouer tout seul ». Aurait-il fallu qu’il vienne vers elle, la « déranger », pour lui montrer qu’il est sociable?
D’ailleurs, n’apprend-on pas aux enfants à ne pas parler aux inconnus? Cette dame, pour lui, était une inconnue. Au contraire, j’ai trouvé son comportement très sain : il a joué tranquillement, sans faire trop de bruit, venait de temps en temps demander un peu d’attention… Bref, normal quoi !
Cette remarque m’a mise mal à l’aise par rapport à mon fils (il faudra d’ailleurs que je lui en parle, ce soir), car non seulement je la trouve injustifiée, mais en plus je pense que c’était déplacée de le juger devant lui, dans ces termes.

A part ça, j’ai trouvé cette personne vraiment charmante ! Les questions qu’elle m’a posées étaient pertinentes, et j’espère y avoir répondu comme une future professionnelle de la petite enfance, et non comme une simple maman.

Bref, voilà ma réaction « à chaud »… J’espère que mon dossier va être acceptée (j’en saurai plus courant décembre).

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6 réflexions sur “La visite de la puéricultrice

  1. Je vous souhaite d’obtenir votre agrément. C’est un très beau métier, très enrichissant et dans lequel il est nécessaire de se remettre régulièrement en question car tous les enfants sont différents.
    Sophie

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  2. ambroise dit :

    Bonjour,
    Je voudrais vous adresser toutes mes félicitations et mes encouragements possible ! Quelle joie de lire et de parcourir votre blog ! Vous décrivez une anxiété terrible : celle du regard de « professionnels » de la petite enfance sur vos méthodes éducatives alternatives… et que c’est dur de passer par là , de se prendre des murs, des réflexions, des accusations et des jugements lorsque l’on évoque nos principes.
    Pourtant ces principes ont été mûrement et longuement réfléchis, ils font suite à des rencontres, des lectures, de l’information, des remises en question, bref, d’un temps accordé à ce sujet, que beaucoup n’ont pas la possibilité de prendre, car il y a mille et une raison de ne pas le prendre, ce temps…
    Ce sont avec des initiatives comme les vôtres que j’ose imaginer un monde meilleur pour nos enfants, fait d’écoute, d’empathie et de communication, car la communication amène la collaboration, c’est « régner » par l’exemple et non pas par la terreur, c’est accepter d’accueillir nos échecs et nos sentiments négatifs au lieu de les reprimender…
    Je vous souhaite une bonne continuation et détermination, et comme je suis à la recherche d’une assistante maternelle comme vous, nous pourrions en discuter ?

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    • Bonjour, Un grand merci pour votre message qui me touche énormément !
      Bien sûr que nous pouvons discuter de l’accueil de votre enfant : n’hésitez pas à me contacter à l’adresse suivante : assmatetmaman@gmail.com (n’hésitez pas à le faire rapidement, car je dois déjà donner ma réponse à d’autres familles…)
      Belle soirée à vous 🙂

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  3. julie dit :

    Bonjour;

    Voilà j’aimerai savoir votre réponse à la question « Comment faites-vous si votre fils et un autre enfant pleurent en même temps? »

    Actuellement à la recherche d’une assistante maternelle pour notre fille, plusieurs assistante maternelle garde encore un de leur plus petit en même temps que leurs autres agréments et cette position me questionne, ayant moi même ce projet pour l’année prochaine… une fois l’épreuve de la séparation abordé avec pitchoune (1 an avec une assmat en petit contrat) j’ai pour projet de faire une demande d’agréments…

    J’aimerai beaucoup avoir votre point de vue et votre expérience pour gérer au mieux et surtout avec bienveillance ces agréments en même temps que son enfant? Merci par avance et bravo pour votre blog, il est vraiment superbe, vous êtes très inspirante et la petite enfance à besoin de professionnels ayant vos valeurs…

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    • Bonjour, c’est une question très intéressante… et très délicate 😉 Je ne prétend pas avoir « LA » réponse à votre question, mais voilà les réflexions que je me suis faite lorsque ça est arrivé (puisque OUI, ça arrive très souvent ^^) =
      – lorsque j’accueille un enfant, je ne suis plus « maman », mais « assistante maternelle ». Ça, c’est le plus dur à faire (je trouve), même sans parler de pleurs. Est-ce que je ne favorise pas mon enfant? Ou au contraire, est-ce que je ne suis pas plus stricte avec mon enfant, et carrément laxiste avec les autres enfants accueillis? Je crois qu’il n’y a pas un seul jour d’accueil où je ne me suis pas posé ces questions ^^
      – pour les pleurs et toutes les autres émotions, je me suis fixée une règle : je fais au cas par cas, selon la situation et l’âge des enfants : je me dis que l’enfant le plus âgé (que ce soit le mien ou non) est un peu plus capable d’attendre quelques minutes pour être consolé… Mais parfois, la situation exige l’inverse ! (exemple : l’enfant le plus âgé se fait mal, l’enfant le plus jeune vit une frustration dans l’activité qu’il était en train de faire)
      – évidement, j’explique (très très souvent) à mon fils la situation qui est la nôtre : c’est mon fils, je suis sa maman, je l’AIMEUH (!!), mais la journée, je suis aussi une nounou, c’est mon métier, etc…

      J’espère vous avoir donné quelques pistes !

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      • julie dit :

        Merci pour votre réponse! Je vais méditer sur tous cela pour bien me cadrer et trouver ma façon de faire … mais oui ça ne doit pas être évident tous les jours… je crois que Françoise Dolto avait répondu à cette question il faut que je retrouve cet article … Encore merci et bonne continuation!

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