Le témoignage de Cécile

Aujourd’hui, je laisse la parole à Cécile, qui est assistante maternelle.
Je vous rappelle que si cela vous intéresse, vous pouvez apporter votre témoignage (en tant qu’assistante maternelle, maman, nounou à domicile, etc.) : n’hésitez pas à me contacter pour en savoir plus ( assmatetmaman@gmail.com ) !Afficher l'image d'origine

Peux-tu nous en dire sur toi et ton métier?
Je m’appelle Cécile, j’habite en Vendée, j’ai 32 ans et je suis assistante maternelle agréée depuis 7 ans.J’ai commencé à la naissance de ma fille, et depuis, je me suis prise au jeu : j’adore mon métier ! Le seul « défaut » de la  profession d’assistante maternelle, je trouve, c’est le manque de reconnaissance : nous sommes encore très souvent considérées comme des « gardiennes d’enfant qui se tournent les pouces toute la journée »… et ce n’est pas facile de faire changer le regard des autres !
A la naissance de ma fille, j’ai découvert la communication non violente, et depuis, je me renseigne beaucoup en matière de VEO et de pédagogies alternatives.
Je me forme régulièrement : je vais d’ailleurs suivre un stage sur l’approche Pikler-Loczy.
Je pense que c’est en se formant le plus possible que les assistantes maternelles pourront faire évoluer les choses en leur faveur.Afficher l'image d'origine

Comment mets-tu en place la communication bienveillante et les pédagogies alternatives dont tu parles? Est-ce une évidence, pour toi, ou rencontres-tu certaines difficultés?
J’essaye, au quotidien, d’être le plus à l’écoute du rythme et des émotions des enfants… mais j’avoue ne pas forcément y arriver, notamment par rapport au sommeil : par exemple,  j’accueille en ce moment 3 enfants, dont un de 11 mois (Nathan) qui ne sait pas s’endormir seul et a besoin d’un silence absolu pour trouver le sommeil. J’ai passé des mois et des mois à le bercer (en écharpe ou non), mais le hic, c’est que les autres enfants n’arrivent pas à rester 45mn seuls, sans trop faire de bruit, pendant que Nathan tente de s’endormir. Les journées étaient devenues catastrophiques… Du coup, j’ai honte de le dire, mais je le laisse parfois pleurer pour qu’il s’endorme. C’est la seule solution que j’ai trouvée.
C’est pour cela que je ne me sens pas « bienveillante », comme certaines assistantes maternelles aiment se qualifier. Je ne suis pas non plus « malveillante ». J’essaye juste de faire au mieux, avec mes propres moyens. (ceci-dit, si vous avez des astuces à me proposer pour ce problème d’endormissement, je veux bien !!)
Le reste de la journée se passe très bien, cependant. Je m’efforce d’encourager l’autonomie des enfants, et de les laisser grandir à leur rythme. Ils font beaucoup de jeu libre, car je pense que c’est de cette manière qu’ils peuvent apprendre le plus de choses, et voir leur confiance en eux grandir.
Lorsque des disputes arrivent, je les invite à mettre des mots sur les émotions qu’ils ressentent : au lieu d’arracher le jouet du copain, je leur explique que je préfère qu’ils disent, par exemple : « J’aimerais m’amuser autant que tu en as l’air, ça me rend un peu jaloux. Je suis désolé, car je vois que ça te met en colère ».Afficher l'image d'origine
Qu’apportent la communication non violente et les diverses pédagogies alternatives que tu mets en place?
Je pense que respecter le rythme, les capacités et les émotions des enfants est un travail de tous les jours. Cela leur apporte confiance en eux, et leur fait devenir des personnes autonomes et équilibrées.
Je vois que, par exemple, les enfants que j’accueille sont prudents dans leurs mouvements : ils tombent peu, et je pense qu’ils ont une meilleure connaissance de leurs capacités et de leur corps (vive la motricité libre !).
Je tâche également de bien communiquer avec les parents, et je pense que cela améliore grandement nos relations : je leur précise d’ailleurs dés le début qu’ils peuvent tout me dire (ce qu’ils aimeraient que je mette en place pour leur enfant, ce qu’ils n’apprécient pas dans ma pratique), à condition d’y mettre les formes… et d’accepter si j’ai un avis différent d’eux.
Merci beaucoup à Cécile d’avoir partagé son quotidien et ses réflexions avec nous !
Si vous souhaitez la contacter, n’hésitez pas à m’envoyer un message pour que je vous mette en relation avec elle 🙂
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Une réflexion sur “Le témoignage de Cécile

  1. Maman BABI-B dit :

    Pour le sommeil, j’aurais 2 avis.
    D’abord, accepter que ce soit « comme ça, et pas autrement ». C’est un peu fataliste, mais en même temps très réaliste. J’ai moi-même besoin de conditions particulières pour m’endormir idéalement (obscurité quasi complète, réveillée à la moindre petite lumière et au moindre bruit, dans une position particulière, avec les draps mis d’une certaine façon….). Je peux m’endormir dans d’autres conditions mais mon sommeil ne sera pas aussi agréable ou ponctué de (très) nombreux réveils.

    Du coup, j’ai appris à relativiser avec mon BABI, et même si c’était très dur et qu’on en a eu marre plus d’une fois de jouer au ninja à ramper au sol ou à devoir rester des heures à ses côtés, ben… c’est passé et ça faisait partie de l’acceptation de sa singularité à lui, comme je fais respecter mes besoins aussi (mon conjoint préfèrerais dormir les volets ouverts pour se réveiller avec l’aurore par exemple…).
    Ensuite, j’ai remarqué que pour mon Lou, certains bruits très forts ne le réveillaient pas, quand d’autres tous petits ou rapides le faisaient sursauter. Du coup, le temps qu’il s’endorme je respirais très fort avec la bouche, quelque fois très près de lui. Rassuré par ma présence, je m’éloignais progressivement en augmentant le son de mon souffle (ça cachait les grincements du parquet ou de la porte ou d’autres petits bruits extérieurs). Je n’arrêtais que quelques secondes après avoir fermé la porte et ensuite je marchais normalement et je continuais à vaquer à mes occupations pour continuer à faire un bruit d’ambiance, en essayant de survivre à mon hyperventilation 😀

    Dans mes souvenirs d’enfance, je me sentais plus rassurée par les bruits de vie même s’ils m’empêchaient un peu de dormir, que par le silence de la nuit lors de mes réveils nocturnes qui m’angoissaient terriblement….

    Un bruit de fond régulier pourrait peut-être aider votre bout de chou à s’habituer à s’endormir avec du bruit. Mais pas un bruit qui surprend (comme les cris, les jeux,…), ce serait plutôt un bruit qui berce mais sans stimuler (exit donc les jouets sonores). Par exemple le bruit de la mer, de la pluie, du vent et en dernier recours, un bruit blanc ou rose.

    Bonne chance et dites moi si ça marche 😉

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