Le petit monstre

Ces derniers jours, j’ai relu quelques articles de mon blog que j’ai écris depuis le début de l’année. Cela m’a rappelé de jolis souvenirs, mais m’a également fait prendre conscience que, la plupart du temps, je ne parle pas vraiment des problèmes que je rencontre, en tant que maman, ainsi qu’en temps qu’assistante maternelle !
Ma vie doit paraître idyllique, à travers ce blog, non?!Afficher l'image d'origine

Pourtant, elle ne l’est pas, loin de là !
Je te raconte? Allé, place aux aveux :
En ce moment, nous sommes en plein dans le TerribleTwo. Vous savez, cette fichue période d’opposition, que les enfants traversent vers 2 ans !

Mes nerfs sont mis à rude épreuve ! Ptiloup s’en donne à cœur joie.
En réalité, je n’en peux plus. J’ai parfois même envie de tout abandonner : la « bienveillance » (quel mot pompeux, quand même !), mes efforts pour bien communiquer avec lui… aujourd’hui, par exemple, j’ai juste eu envie de le secouer, et de lui hurler dessus d’arrêter de me provoquer sans cesse !! … je me suis même imaginé le gifler !
Cette semaine, d’ailleurs, j’ai fait plein de choses que je m’étais promise de ne pas faire : chantage, récompenses, cris… et je l’ai même puni, pour la première fois (pour la dernière aussi, j’imagine).
Il avait passé une semaine entière à essayer de frapper C. : à chaque fois, j’intervenais, lui expliquais, lui proposais une solution alternative… mais là, je commençais à fatiguer… à user… et à paniquer : mais bon sang !! qu’est ce qu’il lui prenait?!

Je ne le reconnais plus, il me fait peur : va-t-il continuer comme ça des années? Rester un enfant, puis un adulte, qui tyrannise les autres? J’ai peur également pour C. : mon travail est de la garder en sécurité. Or, mon propre fils la met en danger !! Que vais-je dire à ses parents, ce soir? Enfin, d’un point de vue personnel, je me met à revivre des épisodes douloureux de mon enfance… et cela me fait d’autant plus perdre pied.Afficher l'image d'origine

Cet après-midi, voilà qu’il affiche un air glorieux : enfin, il a réussi à pousser C. pour qu’elle tombe.
Après moult explications, je lui demande fermement de demander pardon à C. (il sait le faire depuis peu, avec beaucoup de sincérité !). « NON ! », et il se barre en rigolant !
Je le lui redemande, il refuse à nouveau… il commence à hurler… et là, je craque. « Ptiloup, maintenant, tu vas dans ta chambre. Lorsque tu te seras calmé, et que tu seras prêt à faire tes excuses à C., tu pourras en sortir, et on pourra reprendre nos jeux. »
Il s’exécute en hurlant. Ca y est, je l’ai fait, je l’ai puni, pour la première fois de ma vie.
J’en profite pour mettre des mots sur ce qu’il vient de se passer pour C. (qui a l’air complètement indifférent à ce qu’il vient de se passer)
Au bout d’un moment, il revient, demande pardon à C., et le reste de la journée se passe (à peu près) bien : plus de violence (une ou deux tentatives que j’ai pu arrêter à temps), mais j’ai le moral dans les chaussettes. Je tremble tellement que je suis choquée. Je ne reconnais plus mon petit ange.

Je ne sais pas, au final, si c’est une très bonne idée d’écrire cela sur mon blog : peut-être que toi, lecteur, tu préfères des histoires où tout se passe bien, où il y a une happy end? J’ai l’impression que, dans la plupart des blogs sur la parentalité, il n’est écrit que des conseils, ou des témoignages où tout est parfait, où la réalité est très généreusement édulcorée (« oh oui, le cap des deux ans n’est pas évident, mais bon, avec de l’amour et une bonne communication, tout se passe à merveille lolilol ❤ ❤ ❤ « ), où il y a des tutos trop choupinous pour faire de la couture ou de la décoration « Home made ».
J’ai beau avoir une tonne de livres sur la communication non violente, j’ai beau avoir suivi un cursus Faber et Mazlish, des conférences sur la communication non-violente, j’ai beau avoir été formée à la pédagogie Montessori, j’ai beau être une professionnelle de la petite enfance… Parfois, je dérape, je suis complètement larguée ! Je fais tout le contraire de ce que j’aimerais faire, parce que j’ai l’impression d’avoir épuisé toutes les solutions que je connais.

        

Tu te demandes comment s’est fini cette (abominable) journée?? J’ai pris les deux enfants sous mes bras, et nous sommes allés à un café-poussette près de chez moi. Pendant que Ptiloup et C. jouaient (sans la moindre tension), une amie est venue me rejoindre, j’ai vidé rapidement mon sac, et elle m’a dit la devise suivante, remplie de sagesse, qui m’a faite bien rire :

« Parfois c’est ça la bienveillance. Parfois c’est juste pas le tuer. »Afficher l'image d'origine(rajout : depuis cet épisode, plus de violence entre Ptiloup et C. : au contraire, c’est le grand amour ! Ils rigolent tous les deux, se font des câlins et des bisous… avec le recul, je pense qu’en plus du fameux Terrible Two, Ptiloup avait un grand besoin d’attention pendant cette période, et me le faisais comprendre à sa façon…)

 

 

 

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7 réflexions sur “Le petit monstre

  1. Maman BABI-B dit :

    J’adore la chute de ce billet 😀

    J’avoue qu’on est dans le même bain aussi. Petit Ourson approche des trois ans et cette année a été un peu du grand n’importe quoi en ce qui me concerne.
    J’ai eu beau lire, me faire des mémos mentaux, essayer de trouver un max d’alternatives pour rester dans la bienveillance, j’ai finalement cédé aux sirènes du chantage/punition/tapes sur les fesses. Et je me sens nuuuuuulle de le faire. J’essaye toujours de me rattraper avant/pendant/après pour bien (lui) expliquer, me dire « qu’on ne m’y reprendra plus »‘, mais ça prend du temps…. autant pour lui de comprendre ce qu’on attend de lui.

    Ce qui m’aide plus en ce moment c’est d’avoir lâché mon boulot, d’avoir licencié ma nounou et de commencer doucement l’instruction à la maison. On passe du temps ensemble, je ne me lève plus trop tôt, donc moins fatiguée et irritable, je ne me stresse plus pour vite vite partir – donc lui non plus-, pareil le soir. Même s’il y a encore de nombreux « ratés », il y a aussi d’excellents moments. De la vraie complicité, du vrai amour, plein de tendresse et de rires. Il y en avait aussi quand nous étions chacun occupé dans la journée, mais il y en avait forcément moins, et de moins bonne qualité, je le vois maintenant. Alors j’espère que ça rattrape tout le reste. Puis j’essaye d’être bienveillante envers moi-même aussi.
    A me dire que je reviens de loin, que j’apprends en même temps que lui, je me transforme, je me réforme (!). Nous sommes tous les deux dans l’apprentissage du lien, ça prendra du temps…
    Bon courage !

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    • Si tu savais comme ton commentaire me fait du bien !!!! Je me sens moins seule !
      Je me rends compte, en te lisant, que c’est vrai que lorsque je ne travaille pas (= les week ends, donc) je suis beaucoup plus relax, et nous nous amusons donc beaucoup plus 😀
      Peut-être que je prend mon métier d’assmat trop au sérieux? Peut-être également qu’il est jaloux de devoir partager sa maman, malgré mes noooombreuses explications?

      Aimé par 1 personne

  2. Comme ça me parle! Leonard a un peu plus de 3 ans maintenant. Et comme toi, il a blessé parfois (même mordu 1 fois!) une des petites que je garde. Il aime pourtant cette enfant comme une petite soeur… Mais justement ! Ils sont toujours inséparables mais toujours à se chamailler… J’ai de la chance, les parents des 4 merveilles que j’accueille sont juste des amours… Tout le monde est compréhensif et patient. Et c’est leur bienveillance qui m’aide à ne pas trop déraper envers mon fils. Clairement, oui, il est tellement plus cool quand son territoire n’est pas envahi, quand maman est disponible… Je croyais que la crise des 2 ans était dure, les 3 ans ont eu raison de moi… J’ai laissé les gens (ma famille bien sûr…) me faire croire que mon gosse était un tyran cyclothymique. Et on a failli finir chez un pédopsy…
    Mais est arrivée l’école. Il n’y va que le matin, se défoule et rentre fatigué mais heureux.
    A la maison c’était juste un lion en cage, avec un grand besoin moteur, à qui je répétais sans discontinuer de faire attention aux autres, qui sont tout petits… Une fois son besoin moteur comblé, il est tout calme auprès des enfants accueillis. On passe chacun de très bonnes matinées l’un sans l’autre et on se retrouve plein de bonheur d’être ensemble. Pour nous, c’était réformer notre relation fusionnelle qui était nécessaire. Il étouffait. Je l’étouffais. Mais il est trop petit pour l’exprimer.
    Courage! Bienveillance envers toi-même surtout. Le simple fait que tu te remettes en question prouve que tu es une super maman. N’en doute surtout pas! Et merci pour cette tranche de vie. ❤

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  3. leslie dit :

    Merci pour cet aveux, comme cela fait du bien de se sentir moins seul…
    Je vis les quasiment les même histoires avec ma fille de 3 ans et demi et comme c’est difficile par moment de se rendre compte que malgré toute notre bonne volonté, nous ne sommes que des être humain avec nous aussi des émotions.
    L’essentiel je pense étant de s’en rendre compte et comme vous le faites de se remettre en question sans cesse.
    Encore plein de bonheur dans la parentalité bienveillante.
    Leslie.

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  4. Bonjour,
    Je te trouve super courageuse d’avoir ton tout petit 24h/24 dont ma moitié avec un autre tout petit ! Ça doit être passionnant et épuisant. Personnellement j’ai attendu que mon premier aille à l’école pour faire un deuxième enfant, tellement je craignais de gérer deux enfants en très bas âge toute la journée… Alors oui je trouve que la devise de ta copine est pleine de bon sens. Et pour les autres blogs, c’est pas évident de rendre compte de la réalité quotidienne, sur le mien j’essaye de ne pas enjoliver mais je suis sûre qu’inconsciemment je passe plus sous silence les moments de difficultés que les moments de joie. Je crois que c’est un mécanisme cérébral normal (sinon on ne ferait peut être pas plusieurs enfants ^^).
    J’espère que cette période passe doucement, en tout cas c’est sur que pour ton fils ça ne doit pas être évident de partager sa maman et sa maison. Il ne de rend pas compte qu’en échange il profite de sa super maman tous les jours ;). Courage en tout cas, tu as l’air d’être une super maman et une super nounou (tu te rends comptes de toutes les activités que tu leur concoctes pour l’avent ? Je n’en fait pas la moitié avec mon propre fils alors qu’il est plus grand…). Alors bravo et courage !

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    • Merci beaucoup pour ton message qui m’a touché !
      La période de « violence » de Ptiloup est passée (le jour-même où j’ai posté l’article, d’ailleurs ^^) mais le Terrible Two n’est évidement pas fini…

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