Se laisser le droit de changer

Elle est maman depuis trois mois.
Bien que ses gestes pour changer une couche soient de plus en plus sûrs, elle se sent encore « maman débutante ».
Elle apprend des tas de nouveaux termes chaque jours : ainsi, elle découvre la pédagogie Montessori, la DME, la motricité libre, etc.
Un nouvel univers s’ouvre à elle, et elle s’applique à tout bien faire !
Au tonton qui veut faire goûter « juste un peu » de crème au chocolat à son bébé, elle lui rétorque que la diversification alimentaire ne commence pas avant 6 mois, lorsque le bébé est allaité, que le sucre est mauvais, qu’il n’en mangera pas avant ses 3 ans, ou alors, « juste pour les anniversaires ».
Lorsque la grand-mère veut lui offrir une poussette, elle lui explique que, pour un meilleur développement psychomoteur, il est préférable pour le bébé d’être porté dans une écharpe.
Parfois, elle panique, car elle ne reconnaît pas encore tous les pleurs de son bébé : il semble inconsolable, et elle se dit que ce n’est pas top, pour un bébé, de pleurer aussi longtemps, même si elle tente de le consoler.

Afficher l'image d'origine Au fond d’elle, elle se sent larguée : elle a l’impression de ne pas comprendre son bébé, que les autres mamans s’en sortent mieux qu’elles. Après tout, ses amies se pomponnent tous les jours, sortent, font du shopping avec leur nouveau-né, alors qu’elle… elle se terre quasiment chez elle !
Elle est au bord de l’épuisement. Elle ne se maquille plus, reste en pyjama toute la journée, et souvent, le soir, elle pleure sur l’épaule de son mari…
Lorsqu’elle reçoit des invités, elle ne dort quasiment pas la veille, afin de nettoyer à fond sa maison : il ne faut pas que sa famille et ses amis voient qu’au fond, elle ne maîtrise plus rien !

Afficher l'image d'origineQuand elle croise un enfant qui fait une crise dans la rue, ou au supermarché, elle se dit qu’elle, elle fera mieux ! Après tout, dans ses trop rares minutes de libre, elle lit : Isabelle Filliozat, Faber et Mazlish, Gordon, Guéguen…
Elle est persuadée qu’elle appliquera à la lettre tous les principes de l’éducation bienveillante, et pourrait presque citer mot à mot des passages de ces livres.
Elle espère que tous ses efforts seront un jour récompensés : elle imagine son fils, plus grand, heureux, épanoui, drôle et brillant !

Environ deux ans plus tard, la même mère.
Un après-midi agréable : elle confectionne un crumble pomme-chocolat avec son enfant. Elle aime lui faire plaisir de temps en temps, et il faut dire qu’il est fou de chocolat. Un gâteau toutes les deux semaines environ, ça ne peut pas faire de mal, non?

Afficher l'image d'origineCe matin, ils sont allés tous les deux au parc. Son fils se fait petit à petit des amis, et ça la remplit de fierté.
Sa maison est plus ou moins rangée, plus ou moins propre, tout dépend des périodes… et c’est très bien comme ça !
Elle a retrouvé l’envie de se faire belle, et ne traîne plus en pyjama toute la journée… sauf certains dimanches ^^ !
Son enfant commence la période du « terrible two », et, confiante, elle tente de répondre avec le plus de bienveillance possible à ses crises de colère.
Son calme la surprend parfois : elle s’énerve rarement, et tente toujours de trouver des solutions ludiques et agréables.
Elle pense qu’elle se pose toujours un peu trop de questions, qu’elle réfléchit encore un peu trop, mais bon, elle s’améliore et lâche-prise de jours en jours !
Lorsqu’elle croise une jeune maman angoissée, elle se rappelle les épreuves qu’elle a surmontées, le quasi-burn-out qu’elle a vécu.
Elle a appris, et apprend encore aujourd’hui, à être moins parfaite. Mais à tâcher d’améliorer tous les jours sa relation avec son fils. Sa technique infaillible? Passer le plus de temps possible avec lui.
Tout cela en valait sans doute la peine : elle prend conscience que son fils est heureux, épanoui, drôle et brillant !

… Je vous dis un petit secret? Cette maman, c’est moi !

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3 réflexions sur “Se laisser le droit de changer

  1. Je me retrouve assez dans ce portrait 😉 Mais je ne me met pas trop la pression. J’essaie de faire du mieux que je peux et je ne culpabilise pas du tout quand j’arrive pas à faire ce que j’aimerais.

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