Vidéo

« Loczy ou le maternage insolite »

La pédagogie Pikler-Loczy, vous connaissez?
On en entend beaucoup parler : Emmi Pikler, pédiatre hongroise, est celle qui a inventé la motricité libre (ici pour en savoir plus sur la motricité libre).
Mais saviez-vous que cette pédagogie ne se résume pas qu’à cela? 

Autant les livres sur la pédagogieMontessori sont plus que nombreux dans les librairies, autant ceux sur l’approche Pikler-Loczy sont rares… très rares !Heureusement, j’ai trouvé à mon RAM le livre « Loczy ou le maternage insolite » de Myriam Davide et Geneviève Appell loczy-pikler

Sitôt emprunté, sitôt lu !
Le livre se lit bien, même si je l’ai trouvé un peu « froid » et théorique.

Pour information, l’institut Loczy est une pouponnière à Budapest, créée en 1947 pour les orphelins de la guerre. 
Dans ce livre, on y aborde de long en large son fonctionnement : nombre et rôles du personnel, matériel proposé, disposition des locaux, déroulement des journées, l’âge des enfants (moins de 3 ans), et bien-sûr, la pédagogie proposée !
De très nombreux exemples viennent illustrer, tout au long du livre, les effets (positifs, vous imaginez bien !) de cette approche.

Afficher l'image d'origine

Emmi Pikler

J’ai retrouvé beaucoup de points communs entre les approches Pikler et Montessori. L’autonomie des enfants y est recherchée au maximum.
Par exemple, les enfants (de moins de 3 ans, donc) participent de manière organisée au service des repas !Afficher l'image d'origine« Un effort constant est fourni par tous pour évaluer, connaître et contrôler le degré et la forme d’attention offerts aux enfants. En effet, puisqu’on les veut autonomes, il ne faut pas développer une dépendance plus grande que celle nécessairement exigée par leur niveau de développement. A réponse de l’adulte ne doit pas dépasser la demande de l’enfant, elle doit plutôt rester en deçà et le renvoyer toujours à sa propre maîtrise de la situation qui, elle, est organisée à la mesure de ses possibilités. »

Plus qu’une pédagogie, c’est, d’après moi, une véritable expérience sur le plan relationnel qui est menée dans l’institut Loczy.
Le fonctionnement est très particulier : rien n’est laissé au hasard. Les nurses appliquent toutes les mêmes approches de communication, afin que les enfants développent leur autonomie au maximum. Elles gardent, par exemple, une voix assez neutre, et ne montrent pas leur agacement lorsqu’un enfant fait une « bêtise », ou montre un comportement agressif. Elles interviennent très peu : elles ne passent pas leurs journées à jouer avec eux, à leur apprendre des activités, etc.
Attention, on ne parle pas là d’une relation parent-enfant, mais bien de la relation qu’un enfant crée avec un professionnel de petite enfance (nounou, etc.).
Les enfants, d’ailleurs, jouent seuls. On appelle cela le jeu libre (ou activité autonome).Afficher l'image d'origine« Développer le goût de l’activité autonome est considéré comme essentiel pour l’éducation de tous les enfants. C’est à travers elle qu’ils peuvent accumuler les expériences qui favorisent un harmonieux développement moteur et posent les bases d’un bon développement intellectuel grâce à une expérimentation des situations. C’est à travers elle également que se développent des attitudes d’hommes adultes, créatifs et responsables. Elle est, de plus, source de satisfaction. »

Les nurses interviennent presque uniquement pour les soins (change, habillage, bain, hygiène, repas). Occasionnellement pour les conflits, lorsque les enfants n’arrivent pas à les résoudre seuls. C’est tout. Surprenant, non? On pourrait croire que cela est insuffisant, mais non : les nurses de l’institut Pikler développent une relation très privilégiée pendant ces soins.
Dans la vidéo ci-dessous, on peut voir (même si on ne parle pas la même langue) l’intimité qui se crée dans ce moment particulier (à partir de 33mn, par exemple):


(pour avoir vu cette vidéo sous-titrée : la nurse explique au bébé ce qu’elle va faire, ce qu’elle fait. elle lui décrit les bruits que l’enfant peut entendre au loin, le matériel qu’elle va utiliser. elle le fait participer au soin, le laisse anticiper les gestes qu’elle va faire, etc. lorsque l’enfant se retourne sur le ventre, elle ne le remet pas dans la position initiale : elle adapte ses soins aux divers mouvements de l’enfant)

« La stimulation à l’activité existe, mais elle passe par des chemins rarement utilisés spontanément par les adultes : non interférence active, mais richesse d’un environnement approprié et protégé, respect du rythme comme base de maîtrise et de sécurité, intérêt de l’adulte exprimé discrètement, mais très réellement, à distance »

Allé, je vous cite un dernier passage sur l’activité autonome (comme vous le constatez, c’est vraiment le thème qui m’a le plus emballé dans ce livre !) :

« Si l’adulte intervient, il prive l’enfant de la joie de faire par lui-même, en même temps qu’il lui procure une satisfaction de dépendance dont il ne veut plus se passer. Lorsqu’ensuite l’enfant est laissé à lui-même, il est frustré de ne pas atteindre le but aussi vite ; il n’a plus la patience de poursuivre son effort, il s’énerve, réclame de l’aide et devient fâché et déçu si l’adulte ne répond pas à son appel pour lui donner satisfaction. »

Loczy ou le maternage insolite, une quinzaine d’euros ici.
Si vous avez déjà lu ce livre, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire en me disant ce que vous en avez pensé !

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s