Je ne suis plus bienveillante.

Je viens de retrouver ce brouillon d’article que j’avais écrit il y a très longtemps… Je vous le partage pour vous montrer que le quotidien d’une nounou « bienveillante » n’est pas toujours ce qu’on croit !

Aujourd’hui, j’en ai ras la casquette !
La petite C que je garde ne fait que pleurer : depuis son arrivée à 8h, jusqu’à ce qu’elle s’écroule de fatigue à 14h. Puis, jusqu’à l’arrivée de sa maman à 19h.

Une situation catastrophique pour moi : c’est le 5ème jour que cette petite vient chez moi.
Mon fils, habitué à être souvent câliné, ne sera pris au bras qu’après le départ de C. A peine eu le temps de lui changer une couche dans la journée, et de lui donner une assiette pas très équilibrée ce midi. Quelques mots rapidement échangés, et puis c’est tout.

Ces pleurs, ces hurlements, ces cris… me font peu à peu perdre mes moyens.
A son arrivée, sûre de moi, je met ma casquette « nounou bienveillante » sur la tête; Elle se met à pleurer 40 minutes après le départ de sa maman : je la prend aux bras, la berce, met des mots sur ses émotions.
Des résultats? Que dalle !
Au fil de la journée, j’essaye les chants, le portage, le biberon, la compote, le changement de couche, etc. Elle ne semble pas fiévreuse, ni avoir mal. J’envoie des messages à droite, à gauche : tous les conseils que l’on me donne, je les ai déjà mis en application. La maman, pour des raisons tout à fait justifiées, ne peut pas se rendre disponible avant 19h.

La tension commence à monter. J’ai mal au crâne, je suis fatiguée, j’en veux à C. de ne pas me laisser du temps pour que je câline un peu mon fils, je culpabilise par rapport à ce dernier… et surtout, je panique ! Mais qu’est-ce qu’elle a?! Pourquoi, malgré tous mes efforts, ne se calme-t-elle pas?!
La tension monte de plus en plus, j’ai envie de hurler, de frapper les murs (mieux vaut frapper les murs que frapper un enfant, non?), mais je me retiens : ça n’est pas digne de moi.
Après tout, la maman de C. m’a choisie parce que je suis bienveillante, patiente, « nounou poule ». Actuellement, je ne suis rien de ça. Je suis paniquée, en colère, perdue. Seule face à ces hurlements.

Alors, je fais quelque chose que je n’ai jamais fais de ma vie : je pose C. dans son lit, je ferme la porte, et je m’enferme avec Ptiloup dans sa chambre. Je le couche, l’embrasse, il s’endort. Puis, je vais souffler quelques minutes sur mon balcon.

Je retourne voir C., qui hurle toujours.
Je m’en veux.
Voilà, je ne suis plus « bienveillante ». Je viens de perdre cette étiquette en laissant pleurer un enfant.

Que suis-je, maintenant? Une nounou qui fait de son mieux, sans doute. Une personne qui essaye de répondre au mieux aux besoins des uns et des autres, avec ses limites, ses faiblesses, mais aussi ses qualités.

Je me dis aujourd’hui que les étiquettes type « bienveillante » sont plus néfastes qu’autre chose.
En ne se concentrant que sur ce mot, je pense avoir oublié l’enfant qui était en face de moi. J’avais beau réciter des passages de livres, appliquer à la lettre certaines méthodes… j’oubliais de souffler un bon coup, de regarder cette petite dans les yeux, de me connecter tout simplement à elle.
Cette étiquette, « bienveillante », sert plus (selon moi) à créer des séparations entre les gens. Qu’est-ce qu’être bienveillante? Avoir lu deux, trois ou quatre livres d’Isabelle Filliozat? Appliquer la méthode Faber et Mazlish à la lettre? Et lorsqu’on échoue, devient-on malveillante?
J’entend souvent parler, sur des forums, de mamans « bienveillantes » casser du sucre sur le dos de mamans non-bienveillantes. Est-ce de la bienveillance?

Mieux qu’être « bienveillante », aujourd’hui, je souhaite être moi-même.
Une assistante maternelle imparfaite mais qui fait de son mieux au quotidien.
Je vais tâcher de ranger mon orgueil de côté, et de me concentrer sur les petits trésors que je garde.

Les relations assmat- parents : pas toujours évident !

Outre la jalousie que les parents peuvent parfois ressentir envers leur assistante maternelle, je souhaitais parler aujourd’hui des autres caractéristiques de cette relation bien particulière.

La relation nounou-parent employeur est basée sur un partenariat : ensemble, ils veillent sur le bien-être et l’éveil d’un enfant. Ce partenariat est indispensable pour l’épanouissement de l’enfant. Afficher l'image d'origine

On parle souvent de « co-éducation« … Personnellement, c’est un terme qui me dérange un peu. Lire la suite

Le processus d’attachement : aimer et comprendre son enfant

Voici deux extraits d’un livre très intéressant : « Le processus d’attachement : Aimer et comprendre son enfant » de Claudette Rivest.
J’ai choisi de vous partager ces passages car je les trouve très forts, évidents et emplis de bienveillance !

  • Parler à son bébé est une communication des plus fondamentales, puisque la mère lui dit, de façon audible, l’amour qu’elle a pour lui.
    Peu à peu, bébé vocalise, gigote, tourne sa tête, détourne ou ferme les yeux; autant de signaux qui permettent à la maman de savoir si le déroulement de la communication le stimule ou l’ennuie.
    Avec le temps, la maman arrive à comprendre qu’à certains moments, le bébé a du plaisir, et ce, même s’il fournit des efforts démesurés, et qu’à d’autres, il souhaite être moins stimulé; maman et bébé en viennent à des interactions merveilleusement orchestrées.
    La communication intime avec un tout petit qui n’a pas encore les mots pour dire ce qu’il ressent, c’est le plus bel échange affectif qui puisse exister.
    L’identité maternelle qui s’installe dans la communication avec un enfant est révélatrice et inoubliable.
    Dans cette communication tendre, c’est d’abord au rythme musical de la voix de la maman que Bébé est sensible.
    Maman et bébé forment un couple intime, que les changements chez l’un provoquent des changements chez l’autre : si l’un va mal, l’autre va mal aussi…

 

  • Les tâches maternelles imposent une relation d’intimité toute particulière qui donne à la femme l’occasion de changer ses habitudes et de reconstruire une identité nouvelle.
    A travers les interactions avec son enfant, en comblant ses besoins et en répondant au mieux à ses attentes et à ses désirs, maman apprend à reconnaître ce qui la rend intolérante et, en fixant ses propres limites, elle réapprend à remédier à ses contradictions.
    Son enfant lui fournit l’occasion d’exprimer sa personnalité profonde et de poursuivre ou de réinventer sa vie de femme de façon constructive.
    Que la mère perçoive cette relation avec bébé comme une déception ou comme de la chance, elle aura l’obligation de remettre en question sa manière d’établir une relation intime.
    La maternité est une expérience qui nous révèle forcément à nous-même.
    La vulnérabilité, la dépendance du  nouveau-né, et la disponibilité qu’exigent les soins physiques à lui prodiguer sont des facteurs qui viennent tester la capacité sympathique des femmes.
    Chez la majorité d’entre elles, à travers des gestes en apparence anodins, naissent des sentiments de sympathie envers leurs bébés; grâce à leur tendresse, les mères développent une grande empathie envers le nouveau-né.
    Le bébé préfère sa mère à toute autre femme et ses réactions à son égard sont la preuve qu’il est attaché à elle; ainsi, pendant le maternage, maman et bébé apprennent ensemble l’attachement.

Ecouter avec son coeur

« Ecouter avec son coeur est complètement différent d’écouter avec ses oreilles. Peu de gens savent comment le faire, et très peu de parents écoutent leurs enfants de cette façon.
Ecouter avec son coeur signifie être véritablement intéressé, ouvert, et attentif.
Cela signifie d’avoir envie d’entendre, d’apprendre, d’être surpris sans qu’il soit nécessaire de discuter, d’interrompre ou de donner des conseils (c’est la partie la plus difficile !).
Ecouter avec son coeur signifie ne pas imposer son point de vue, mais découvrir ce qu’est la vie selon la perspective de votre enfant.
C’est écouter avec le sens de l’émerveillement.
Quand vous écoutez avec votre coeur, votre enfant sent qu’il peut tout vous dire, parce qu’un enfant qui est avec un adulte réceptif s’ouvre et partage sans condition. »

« Les merveilleuses façon d’aimer un enfant » Judy Ford

 

Pédagogie Pikler-Loczy : le change, tout un art !

 Aujourd’hui, nous allons parler changement de couche. Pas très passionnant, me dites-vous? Pourtant, ce geste banal peut être une véritable occasion pour approfondir sa relation avec un enfant… en particulier si on pratique l’approche Pikler-Loczy (je vous en avais brièvement parlé ici).

Dans la vidéo suivante Lire la suite

Assistante maternelle maternante?

J’ai reçu récemment la visite de la puéricultrice : elle est venue voir mon nouveau logement, ainsi que se renseigner sur mon organisation au quotidien, en vue de ma reprise post-congé-maternité.

Sur les forums et groupes facebook, je vois nombre de témoignages de lynchage de la PMI par rapport aux assmats maternantes : si tu allaites, portes, ou répond à tous les pleurs de ton bébé, tu n’as forcément pas assez de temps à consacrer aux enfants que tu accueilles (=mauvaise assmat, profiteuse, etc.).Résultat de recherche d'images pour "super nounou"

Cet entretien, je l’ai redouté.
Pour rappel, Lire la suite